l'éléphant

SYMBOLISME ANIMAL
En Afrique, des noms d'animaux sont donnés à certains hommes (jamais aux femmes) par les sorciers... C'est ainsi que les "hommes panthères" tuent comme des fauves, les "hommes hiboux" voient la nuit, les "hommes singes" grimpent aux arbres... les "hommes éléphants" eux, trouvent l'eau !
Les anciens Bestiaires le décrivent
comme un animal
"qui porte un boel (boyau) par devant dont il mange".
L'éléphant et la symbolique chrétienne
Les premiers éléphants datent du XIe siècle
dans la symbolique chrétienne.
On en découvre dans les églises
de France et d'Italie. N'ayant jamais vu ces animaux, les
artistes du haut Moyen Age laissaient libre cours à une
imagination débordante.
Les cathédrales gothiques s'ornent souvent d'éléphants taillés
dans la pierre. A Reims, un colosse à la trompe puissante trône
fièrement au pied de la Cathédrale et à Paris, du haut de la
Cathédrale Notre Dame, un éléphant contemple la ville !. En Saône
et Loire, l'église romane du prieuré Saint Pierre et Saint
Benoit à Percy les Forges on peut voir des chapiteaux dont la
riche ornementation fait découvrir des éléphants qui
soutiennent le poids de la voute.
Il faut attendre la fin du 1er millénaire pour que les artistes des rives de la Méditérrannée réintègrent les mastodontes dans leur oeuvre. L'éléphant devient alors une figure symbolique chrétienne, exhortant à la sagesse, à la circonspection, à la constance, la chasteté et la maîtrise de soi (vertu dont manquaient les fidèles d'antan, rustes et enclins à la superstition et aux plaisirs de ce bas monde).
FORCE PRUDENCE CONSTANCE SAGESSE
L'éléphant symbolise le
Baptême :
car la femelle met bas dans l'eau d'un étang (parturit super
aquam) à côté duquel le mâle monte la garde pour écarter le
dragon, symbole de l'Esprit du Mal. De même l'homme doit renaître
dans l'eau du Baptême.
D'après une autre
tradition,
la fureur guerrière des éléphants de combat était excitée
par la vue du jus rouge des raisins qu'on leur présentait avant
la bataille. Le Psautier de Peterborough les compare à Saint
Thomas l'incrédule qui, en mettant la main dans la plaie
sanglante du Christ crucifié, se sent enflammé d'amour pour lui.
L'Iconographie en fit une
créature bizarre et fantastique. L'éléphant se muait en un
animal merveilleux qui, telle la licorne, échappait aux réalités
terrestres.Le symbolisme de l'éléphant se perpétue au XVIe et
au XVIIe siècles. Cesare Ripa explique dans son Iconologie, qui
fut traduite dans toutes les langues, que l'éléphant est "le
plus religieux de tous les animaux".
Se référant au témoignage de Pline l'Ancien, les icolologes
rapportent que l'éléphant adore le soleil et les étoiles.
Quand la nouvelle lune commence à paraître, il va se laver dans
la rivière la plus proche et semble invoquer le secours du ciel
après s'être purifié.
L'éléphant est l'emblème de la Chasteté (car il est de tempérament frigide et ne peut engendrer qu'après avoir absorbé, en guise d'aphrodisiaque, une racine de mandragore) de la Tempérance et aussi de la Bénignité des princes : car il n'a pas de fiel.
Iconographie
L'éléphant est un motif
fréquent dans la sculpture romane (Marc Thibout, l'éléphant
dans la sculpture romane française, Bull. Mon., 1947).
On peut en citer, rien qu'en France, une vingtaine d'exembles répartis
dans toutes les provinces, mais principalement en Bourgogne (Sens,
Vézelay, Souvigny, Perrecy les Forges) et dans l'Ouest poitevin
et saintongeais (Poitiers, Foussais, Aulnay).
Comme les sculpteurs du
Moyen âge ne pouvaient avoir vu et représenter d'après nature
des animaux exotiques dont les seuls représentants mentionnés
dans les textes sont l'éléphant envoyé en 797 à Charlemagne
par le khalife de Bagdad Haroun al Rachid et celui qui fut offert
en 1255 par saint louis à Henri III d'Angleterre, ils durent se
contenter de copier tant bien que mal des tissus ou des ivoires
orientaux.
Mais ils commettent de nombreuses bévues. Faute d'avoir bien
regardé leurs modèles, ils représentent des pachydermes de
fantaisie, avec des oreilles petities , de longues queues, qu'on
ne peut guère identifier que grâce à leur trompe et à leurs défenses
parfois transformées en cordes.
Ce motif disparaît à l'époque gothique dans la sculpture
monumentale en pierre. Mais il persiste au XVe et au XVIe siècles
dans la peinture et la tapisserie.
L'éléphant appliqué parfois, comme amulette, sur les chasubles des prêtres qu'il protège contre la tentation de la luxure, est copié sur les tissus orientaux.
L'homme et l'éléphant
"Fort comme un éléphant" - " une mémoire d'éléphant" - sont des expressions de la langue courante. L'éléphant sage et fidèle a inspiré beaucoup d'écrivains ; vous connaissez surement Babar, Dumbo, Hathi l'ami de Mowgli dans le livre de la Jungle, Elmer....
mythologie
Dans la mythologie indoue, le
Dieu le plus populaire de l'hindouisme, s'appelle Ganesh (
Ganapati, Ganesha) il
est le chef des troupes divines.
C'est le fils de Shiva (Dieu du Cosmos), une des divinités
principales de l'Inde.
L'épouse de Shiva avait créé un jeune homme Ganesha pour en
faire son garde du corps ; mais un jour Shiva qui été jaloux
lui coupa la tête.
Les autres Dieux condamnèrent Shiva à réparer son crime. Shiva
ne retrouvant plus la tête de Ganesha la remplaça par le
premier venu à savoir un éléphant. Le Dieu-éléphant
Ganesha (jeune homme
potelé avec une tête d'éléphant et 4 mains) symbolise
l'intelligence et la réussite intellectuelle , c'est le seigneur
des obstacles, ce qui lui vaut un culte fervent de la part des étudiants
en période d'examens.
Dans la religion védique, en Inde, l'éléphant est un animal sacré : on raconte que le Créateur a fait le soleil à partir d'un oeuf qu'il a cassé et a ensuite tiré des deux moitiés de la coquille 8 éléphants mâles et 8 femelles. Chaque dieu chevauche un animal et l'éléphant est monté par les dieux Indra et Agni. Les éléphants domestiqués décorés aux marques des dieux bénissent les fidèles de leur trompe pour quelques pièces dans certains temples. Quant aux rares éléphants blancs (éléphants à peau très claire) ils sont sacrés et utilisés au cours des parades.
Pendant des millénaires, l'Asie a vécue en symbiose avec ses éléphants qu'elle a sacralisés. Ne sont-ils pas les piliers du monde ?
En Afrique, l'éléphant joue dans le folklore le rôle du père, du chef des animaux et, là aussi, de celui qui détient la sagesse et le savoir. Ce n'est pas pour autant qu'il a toujours le mot de la fin !
L'Occident a retenu la force, la sagesse, l'intelligence et la bienveillance légendaires de cet animal. Mais depuis toujours, l'éléphant connaît une malédiction : l'ivoire.
"Les éléphants,
comme les femmes, n'oublient jamais une blessure."
Mark Shand
Là où
est la vérité se trouve la religion
Là où est la religion se trouve la prospérité
Là où est le devoir se trouve la noblesse
Là où sont les éléphants se trouve la victoire.
Palakapya - sage dans l'Assam
au Ve ou VIe siècle avant J.C.
et considéré comme le fondateur du gaja-shastra (science des éléphants)